Historique du CESM

Complexe environnemental de Saint-Michel

Il y a 450 millions d’années

Le site de la carrière Miron et de la TOHU était positionné à 4 degrés au Sud de l’Équateur et était submergé. La roche sédimentaire retrouvée sur le terrain constitue donc un ancien fond marin qui était situé sous les Tropiques. On retrouve dans cette roche calcaire plusieurs types de fossiles, qui sont encore visibles aujourd’hui.

À partir de 1699

Les Sulpiciens de Montréal concèdent des terres au nord-est de Ville-Marie, le long d’un axe est-ouest appelé côte Saint-Michel (aujourd’hui la rue Jarry). La montée Saint-Michel (axe nord-sud actuellement occupé par le boulevard du même nom) est construite pour sa part en 1707. Le terrain des futures carrières sont utilisés comme terres cultivables pour approvisionner Ville-Marie, le centre urbain de l’île.

1780

La plupart des sources affirment que l’exploitation des carrières de Saint-Michel commence à la fin du 18e siècle.

1820

À partir de 1820 et jusqu’en 1860, la production des carrières culmine. L’exploitation s’intensifie au nord de Montréal, à la fin du 19e siècle avec des petites carrières de calcaire dont les carrières Limoges, Lapierre et Labesse.

La carrière Miron

Les multiples carrières de petite taille qui ont survécu à une période de fermeture intensive à partir de 1920 fusionnent entre elles. Au tournant des années 30, le site de la future carrière Miron sera à tour de rôle la propriété de Barbin et Varin, de la Villeray Quarry, de la Canadian Quarry, de la Montreal Quarry et de la Consumer jusqu'en 1947.

Les frères Miron achètent leur première carrière sur le site. En 1954 et 1956, Miron s’agrandit en achetant les carrières adjacentes. En 1957, toutes ces petites carrières sont réunies sous la bannière Miron.

La carrière Miron

En 1959, les frères Miron font ériger la cimenterie, rattachée à la carrière, et augmentent considérablement leur production. Les deux cheminées rouges et blanches jouxtant la carrière sont un véritable point de repère pour les Montréalais, mais également une source de pollution pour les résidants du quartier.

Du haut de leur 125 mètres, les cheminées permettent de chauffer le calcaire pour le transformer en chaux vive, ingrédient essentiel à la fabrication du béton. La carrière fournit alors au marché de la construction sable, concassé, asphalte, ciment, tuyaux et blocs de béton.

Au plus fort de l’exploitation de la carrière, plus de deux mille personnes travaillent à l'extraction du calcaire, dont plusieurs immigrants italiens. Les ouvriers tirent une grande satisfaction à travailler à l'édification de la ville. Bien que cette carrière cause des inconvénients aux résidants du quartier, on remarque qu'à une certaine époque, travailler chez Miron était synonyme de fierté pour plusieurs.

« C'est de ce trou-là que sort Montréal. La gare centrale, l'hôpital Sainte-Justine, la voie maritime du Saint-Laurent, la place Ville-Marie et le complexe Desjardins… C'est notre béton… », racontent Louis et Jacques qui ont respectivement travaillé 26 et 11 ans chez Miron. (La Presse, 9/6/1984)

Les frères Miron décident de vendre leur carrière à un consortium belge. La fortune des Miron est évaluée à 50 millions de dollars. On parlera toujours de la firme Miron même si la famille n’est dès lors plus propriétaire de la carrière.

Un site d'enfouissement

Plusieurs séances de dynamitage mal contrôlées causent bien des maux de tête aux résidants du quartier. Plusieurs d’entre eux habitent à moins de 100 mètres de la carrière. Leur proximité avec le site d’extraction de la roche crée des accidents fâcheux, ce qui augmente la grogne citoyenne. Des protestations se font entendre, ainsi qu’une prise de parole de la communauté micheloise.

La firme Miron transforme une partie de la carrière en site d'enfouissement de déchets domestiques. Sur le terrain de 192 hectares de la firme Miron, l’immense fosse de 75 hectares de largeur et de 70 mètres de profondeur se remplit lentement de matières putrescibles, alors qu’on extrait encore le calcaire dans d’autres secteurs.

De 1968 à 1988, le dépotoir Miron est prospère. On y enfouit des millions de tonnes de déchets de toutes sortes (et la Ville de Montréal poursuit jusqu’en mai 2000). On y retrouve des déchets provenant de Montréal et des banlieues environnantes. Avec cette nouvelle activité, viennent les problèmes d'odeurs et de rongeurs que les inspecteurs du Département de la Santé de la Ville de Montréal veillent à contrôler. Diverses associations de manifestants se forment.

1971

La Communauté Urbaine de Montréal annonce qu'elle poursuivra Miron pour avoir outrepassé à maintes reprises les normes concernant la poussière.

En novembre, une entente est conclue entre Montréal et Miron pour améliorer la qualité de vie des résidents : Miron fait construire une clôture de 7 pieds autour de son site et la ville crée une zone industrielle tampon entre la carrière et le quartier.

1978

En février, le ministre provincial de l'Environnement, Marcel Léger, se rend dans le quartier Saint-Michel afin de constater lui-même le problème de poussière et la pollution causés par Miron. Suite à la visite du ministre, Miron consent à investir 3 millions et demi pour participer à l'action gouvernementale de lutte contre la pollution.

1979

Miron change encore de propriétaire et passe entre les mains d’une compagnie de l’Arabie Saoudite : REDEC. Celle-ci veut gruger davantage le roc, jusqu’à 300 pieds des maisons.

En juin, une entente est conclue stipulant la fermeture d’une rue du quartier et l’évacuation d’un parc lors des périodes de dynamitage.
 En juillet, l’Association pour la défense des droits des Michelois (ADDM) voit le jour. Sa mission : réunir les différents organismes et groupes de citoyens du quartier pour faire pression contre l’entente entre Montréal et Miron.

1980

En janvier, Miron obtient un contrat de 8 millions de dollars pour produire 100 000 tonnes de ciment pour la Société d'énergie de la Baie James.

En mai, victoire pour l'ADDM : le ministère de l'Environnement du Québec émet une ordonnance forçant Miron à respecter la loi sur la qualité de l'environnement en matière de gestion des déchets solides.

1984

En mai, la Ville de Montréal acquiert les terrains de la carrière Miron. Il s'agit d'un investissement de 45 millions.

1986

Le 1er octobre, après 40 ans de pollution par la poussière et le bruit, Miron cesse officiellement ses opérations d'exploitation de la carrière. Les Michelois poussent un soupir de soulagement, mais à peine trois jours plus tard, ils apprennent que l’échéance de départ total est repoussée, sous prétexte de donner le temps de relocaliser les 700 employés de la carrière.

Selon les bureaux municipaux, la carrière doit quitter ses installations avant le 30 septembre 1987. La ville dépose contre Miron une injonction devant les tribunaux pour résiliation de bail, expulsion et réclamation de loyer impayé. La compagnie Miron refuse l’accès à la Ville qui pourtant, est légalement propriétaire du terrain depuis 1984.

Le 1er octobre, à la fin du bail entre Miron et la Ville de Montréal, Miron a 6 mois pour démanteler toutes ses installations.

1988

Le 1er janvier, la Ville prend possession du terrain. Le 17 avril, les deux imposantes cheminées de l’incinérateur Miron sont démolies, et quelques 50 000 personnes (majoritairement du quartier Saint-Michel) assistent à la chute de l’un des symboles ayant marqué l’histoire du quartier.

La Ville de Montréal continuera cependant l'exploitation du site d'enfouissement à très grande échelle, et y applique les normes imposées par le ministère de l'Environnement du Québec. Sa priorité est axée sur la décontamination du site. Elle investit 50 millions de dollars dans l’installation d’un système de récupération des biogaz. Le Centre de Tri et d’élimination des déchets (CTED) est créé pour trier le recyclage.

1990

En 1988, la Ville prend officiellement possession des terrains de la carrière Miron. Les deux cheminées de la cimenterie, repère emblématique de Saint-Michel, sont abattues, et quelque 50 000 personnes, principalement des michelois, assistent à la chute de ce symbole ayant marqué l’histoire du quartier. Le Centre de Tri et d’élimination des déchets est créé pour trier le recyclage. La centrale Gazmont se met à convertir en électricité les biogaz extraits des puits de captage.

1991

Début de la surveillance environnementale.

1995

En juin, le nouveau maire de Montréal, Pierre Bourque, dévoile la première phase du Complexe environnemental de Saint-Michel. Le projet vise à faire des déchets une ressource plutôt qu'une nuisance en favorisant le recyclage et le compostage.

La voie polyvalente de 5 km, complétant la boucle du pourtour du CESM est finalisée. D’importants travaux sont alors effectués afin de permettre la réception de matières pêle-mêle, ce qui épargne aux citoyens la tâche de séparer les fibres du verre, du plastique ou du métal et d’augmenter la capacité annuelle du centre à plus de 200 000 tonnes.

1996

En mai, la centrale Gazmont s’installe au sud du CESM et entame la conversion des biogaz (émanations toxiques hautement inflammables provenant de la décomposition des déchets) en électricité. Un contrat d’achat d’électricité de 25 ans est signé entre Gazmont et Hydro-Québec.

La construction du siège social international du Cirque du Soleil sur la 2e avenue, réunit les activités artistiques et administratives du Cirque du Soleil.

On aménage les parcs Jean-Rivard et Champdoré le long du site.

1997

En février, on inaugure le nouveau siège social international du Cirque du Soleil.

Adoption du plan directeur d’aménagement du CESM.

1999

Inauguration de l’Écocentre Saint-Michel, et début du processus de recouvrement.

2000

En mai, on cesse d’amener au CESM les déchets putrescibles. Les déchets inertes (résidus de construction, matériaux secs, etc.) seront les seuls à y être déposés pour une dizaine d’années encore.

Autrement, seules les feuilles d’automne y sont encore accueillies afin de fabriquer du compost pour recouvrir totalement le trou de la carrière en vue de faire du site un parc urbain. Les déchets domestiques sont, quant à eux, redirigés vers les sites de Lachenaie, Sainte-Geneviève, Sainte-Sophie des Laurentides et de Saint-Nicéphore.

2003

En novembre, on procède à l’ouverture officielle des nouveaux locaux de l’École nationale de cirque au coin de la 2e Avenue et de Jarry.

2004

Ouverture du bâtiment public de la Cité des arts du cirque, la TOHU, qui devient par le fait même le pavillon d’accueil du CESM.

2009

En 2009, c’est officiellement la fin des activités d’enfouissement, après avoir accumulé 40 millions de tonnes de déchets. La Ville entreprend la transformation du site en parc urbain. Les aménagements urbains, déjà commencés depuis 1996 se poursuivent.

Ouverture du TAZ, le plus grand skatepark intérieur au Canada.

2013

Fin de la phase de recouvrement des déchets. Début de la phase d’aménagement du futur parc.

2017

Pour souligner les célébrations des 375 ans de Montréal, plusieurs secteurs du parc seront ouvert au public dès 2017 !

Une portion du parc qui longe l’avenue Papineau, au sud de la rue Émile-Journault, sera aménagée et totalement transformée en une vitrine incitant les visiteurs à découvrir le reste du parc. Plus au nord, entre le Taz, le nouveau centre de soccer et l’entrée Louvain, les visiteurs pourront découvrir des vues du site et du stade olympique grâce à des belvédères aménagés le long de la voie polyvalente rénovée.
Du côté de la 8e avenue, les entrées Émile-Journault Est et 2e Avenue seront réaménagés, de même que la voie polyvalente, avec des petits belvédères pour profiter des vues sur le parc et sur le Mont-Royal.

À ne pas manquer! Une portion du secteur du boisé, sera ouverte au public permettant aux visiteurs d’entrer au cœur du parc pour la première fois! Cette portion sera reliée à la portion D'Iberville sud et comprendra des sentiers de promenade amenant vers un belvédère offrant des vues imprenables sur les icônes du paysage montréalais : le mont Royal, le centre-ville et la tour du Stade olympique. Une œuvre d’art créée par l’artiste Alain-Martin Richard en collaboration avec les Montréalais sera également intégrée dans ce secteur. Des haltes de repos et des ouvrages de gestion de l’eau de ruissellement animeront le parcours.
Enfin, pour compléter l’aménagement et améliorer l’expérience des usagers, des milliers d’arbres, arbustes et couvre-sols seront plantés et des éléments de signalisation et d’interprétation sur l’histoire du CESM seront installés pour faciliter l’orientation et la circulation.

Vers 2023

En 2023, il deviendra le deuxième plus grand parc de Montréal avec 192 hectares disponibles pour la pratique de plusieurs activités sportives et récréatives.

Programmation