Les Objectifs de Développement Durable (ODD), adoptés par les Nations Unies en 2015, sont un ensemble de 17 objectifs interdépendants visant à « éradiquer la pauvreté, protéger la planète et assurer la prospérité pour tous et toutes d'ici 2030 ». Ils servent souvent de baromètre pour mesurer l’impact environnemental, social et économique des États, mais aussi des entreprises et des organisations.
Voici comment la TOHU, par ses actions, répond depuis plus de deux décennies à certains Objectifs de Développement Durable des Nations Unies.
La TOHU a adopté, dès 2004, une politique d’employabilité locale qui priorise les jeunes du quartier Saint-Michel lors des recrutements de postes d’accueil du public. Dans un quartier qui fait face à des défis socio-économiques importants, cette initiative contribue à offrir des perspectives d’emploi concrètes et durables.
La TOHU s’assure aussi d’offrir des cachets et des conditions de travail décentes aux artistes de cirque, et à tous les artistes de façon générale, qu’elle embauche pour sa programmation. Par exemple, les cachets des artistes ont été revalorisés de 50% en 2024.
Bien que l’alimentation ne soit pas au cœur des activités de l’organisme, la TOHU s’assure de contribuer à réduire le gaspillage alimentaire et à lutter contre l’insécurité alimentaire qui prévaut dans le quartier. Par exemple, elle collabore avec Mon Resto Saint-Michel, un organisme de réinsertion professionnelle et de transformation-distribution alimentaire, en lui cédant la gestion et l’exploitation de ses parcelles de potager, et en reversant certains restants comestibles (frais ou transformés) après ses événements. La TOHU collabore aussi avec Ville en vert pour la plantation de flore comestible, et avec Polliflora pour la production de miel via des ruches à même son terrain.
En savoir plus sur les objectifs de Développement Durable
Depuis l’ouverture publique du parc Frédéric-Back (2016), la TOHU a accentué son offre gratuite d’activités de loisir et plein-air, sensibilisant la population micheloise et montréalaise à l’importance des saines habitudes de vie : prêt de skis de fond et raquettes en hiver, de vélos et trottinettes en été. Les promenades guidées en toute saison et l’interprétation de la faune et de la flore du parc contribuent aussi au bien-être physique et mental des participant·e.s.
D’autre part, les ressources humaines accordent une importance particulière à ces questions. Des ateliers et conférences sur la saine alimentation ou l’autodéfense numérique sont aussi offerts aux jeunes du quartier qui travaillent dans l’équipe d’accueil du public.
Enfin, la TOHU démontre une intransigeance totale sur les questions de sécurité des artistes, particulièrement cruciales dans le milieu du cirque (accrochage aérien, prise de risque). Les protocoles de CSST et la maintenance des équipements techniques font partie des bonnes pratiques quotidiennes.
Bien qu’elle ne soit pas un établissement d’enseignement, la TOHU s’est dotée d’une politique éducative et propose depuis plus de 20 ans une riche programmation pour tous les publics. Grâce à ses ateliers, conférences et activités — dont la Fresque du climat offerte à des adultes en situation de précarité — elle sensibilise à des enjeux comme la biodiversité, l’environnement et l’histoire du cirque.
En s’appuyant aussi sur les arts pour rejoindre des publics variés, notamment des personnes immigrantes, la TOHU favorise la participation citoyenne. Par ailleurs, son programme d’employabilité soutient chaque année une cinquantaine de jeunes de Saint-Michel, en plus d’offrir des bourses pour encourager le retour aux études.
La parité à la TOHU se reflète surtout dans la gouvernance (conseil d’administration majoritairement féminin - 9 sur 14 - , incluant un exécutif entièrement féminin) et dans la structure de l’équipe (codirection générale paritaire et comité de gestion majoritairement féminin - 7 sur 12).
De plus, les cachets versés aux artistes programmés dans les différentes activités de la TOHU sont identiques indépendamment du genre.
La TOHU ne mène pas d’action d’assainissement à proprement parler. Toutefois, en tant que pavillon d’accueil du parc Frédéric-Back, elle fait office de point d’accès à l’eau pour les usagers et usagères du parc (qui n’en possède pas), grâce à plusieurs fontaines intérieures et extérieures.
D’autre part, son terrain est doté de 7 bassins naturalisés de rétention d’eau (les ancêtres des « parcs-éponges » d’aujourd’hui) qui accumulent l’eau pluviale excédentaire lors de fortes précipitations, évitant ainsi d’engorger le système d’aqueduc de la Ville. L’un de ces bassins, qui court le long des bureaux administratifs, est devenu un refuge de biodiversité étonnant.
Le bâtiment de la TOHU a été un pionnier au début du 21e siècle. Premier édifice culturel certifié LEED Or au Québec, il s’appuie sur un système de géothermie passive et sur une boucle énergétique avec la centrale Biomont, qui génère eau chaude et électricité à partir du méthane issu de l’ancien dépotoir (aujourd’hui le parc F-Back).
Ce faisant, la TOHU est toujours préchauffée (en hiver) ou rafraichie (en été) de quelques degrés, nécessitant moins de consommation d’énergie pour maintenir une température confortable. D’autres spécificités techniques complètent le dispositif – pour en découvrir plus, lire le reportage de Inter-Mécanique du Bâtiment.
La TOHU a connu une croissance importante au cours de ses 20 premières années, autant de son budget d’opérations que de sa masse salariale. Les conditions de travail ont été revalorisées au fil des ans et sont actuellement au-dessus des standards pour une entreprise d’économie sociale du milieu culturel.
Les retombées sur le milieu du cirque québécois (diffusion, exportation) sont indéniables, notamment depuis l’émergence du MICC, le Marché international du cirque contemporain créé par la TOHU en 2015 ; on estimait à plus de 3M$ les retombées en cachets de tournées internationales générées en 4 jours de marché. Enfin, les retombées locales demeurent importantes, notamment à travers la création d’emplois à l’horaire pour les jeunes de Saint-Michel (voir obj.1).
Le bâtiment de la TOHU intègre de nombreuses innovations architecturales et environnementales, incluant l’utilisation de matériaux recyclés dès sa construction afin de réduire l’empreinte liée à l’acier et au béton.
Plus récemment, une toiture multifonctionnelle au Bistro extérieur permet d’accueillir des performances aériennes, transformant l’espace en scène à ciel ouvert et renforçant l’ancrage culturel du site.
Enfin, l’ajout d’une patinoire réfrigérée à vocation artistique et citoyenne dès 2024 crée un lieu écologique, inclusif et polyvalent, pensé autant pour la communauté que pour la création artistique.
La TOHU est présente depuis vingt ans dans le quartier Saint-Michel, dont les indicateurs sociodémographiques publiés par la Ville continuent de montrer le caractère précaire du territoire. La carte des iniquités territoriales montre par exemple une prévalence des îlots de chaleur, de l’insécurité alimentaire et du taux de chômage chez les jeunes. La TOHU tente d’apporter sa pierre à l’édifice à travers différentes actions, comme sa politique d’employabilité locale (voir obj.1), la redistribution de denrées alimentaires (obj.2) ou de vêtements auprès d’organismes du quartier, ou encore sa politique de bénévolat et transfert d’expertise qui permet aux employé·es permanent·es de donner des journées de travail à des OSBL du quartier.
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En plus d’être un laboratoire de développement durable par la culture, la TOHU participe à différentes initiatives locales, notamment – mais non exclusivement – en collaborant à la table de concertation du quartier, Vivre Saint-Michel en Santé. La TOHU intervient par exemple sur les espaces de concertation Culture, Réussite éducative, Alimentation et Mobilité, et s’est activement impliquée dans la démarche de Plan de quartier 2025-2029.
La TOHU est également l’un des trois cofondateurs du Quartier des arts du cirque, un organisme de développement territorial qui œuvre à élargir le champ d’intervention à tout le territoire michelois, à travers le développement d’un pôle culturel et d’emploi, mais aussi des initiatives concrètes autour du pouvoir d’agir des jeunes, du micro-entrepreneuriat ou du verdissement urbain. C’est notamment le QUAC qui a permis la création de la galerie de murales à ciel ouvert sous l’autoroute métropolitaine, avec des artistes visuels de Saint-Michel.
La TOHU s’est dotée en 2022 d’une politique d’approvisionnement responsable ambitieuse, qui vise à prioriser, chaque fois que possible, les fournisseurs issus de l’économie sociale et/ou du quartier Saint-Michel et/ou ayant adopté une démarche d’impact socio-environnemental affirmée. Elle a implanté une grille d’évaluation donnant un « score écoresponsable » à chaque fournisseur, de sorte à piloter d’année en année ses pratiques d’achat, à même son système comptable, dans une optique d’amélioration continue.
La TOHU offre aussi régulièrement à ses employé·es des formations sur la production d’événements responsables ou sur l’économie circulaire. Elle participe à différentes initiatives partenariales – par exemple en 2025 une série de conférences sur la surconsommation avec Ville en vert, ou la publication d’un guide sur l’écoconception pour les arts vivants, avec le FTA et Écosceno.
Grâce à son bâtiment écoefficient, la TOHU génère très peu d’émissions directes de GES. Un bilan carbone a même démontré que ses activités annuelles équivalaient à celles de seulement deux voitures parcourant 20 000 km.
L’essentiel de son impact provient plutôt des déplacements (spectateurs, artistes et équipes). Consciente de cet enjeu, la TOHU favorise l’organisation de tournées internationales optimisées afin de limiter les déplacements.
Elle s’implique également activement dans la transition écologique en tant que cofondatrice et coprésidente de la commission Transition écologique de Culture Montréal, réunissant de nombreuses organisations engagées.
Plouf ! sur cet objectif, la TOHU tombe à l’eau. Malgré les cris des goélands au-dessus du centre de tri voisin, nous sommes trop loin de l’océan pour avoir un impact. Les crevettes servies au Bistro sont pêchées de façon responsable par Norref dans l’estuaire du Saint-Laurent.
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La TOHU a comme mission légale, entre autres, de contribuer à la réhabilitation du Complexe environnemental de Saint-Michel. Son vaste terrain inclut plusieurs aménagements visant à augmenter la biodiversité urbaine, dont un sentier mellifère (bonifié en 2025) qui attire de nombreux pollinisateurs, ou encore des bassins de rétention d’eau où nichent une faune et une flore abondantes. D’ailleurs, avez-vous rencontré nos marmottes ?
Des actions de verdissement ont lieu régulièrement grâce à Ville en vert. Le potager propose un équilibre de variétés parfois indigènes et de fleurs comestibles, tandis que trois zones de toits verts sont aménagées sur différents espaces du bâtiment.
D’autre part, une partie de la programmation éducative de la TOHU, autant pour le public scolaire que pour le grand public, traite de biodiversité : visites guidées ornithologiques, activités de découvertes des insectes nocturnes ou des papillons monarques… Une partie des activités est d’ailleurs proposée grâce à une collaboration avec l’Insectarium de Montréal.
La TOHU n’a pas de levier spécifique pour agir sur ces enjeux de dimension plutôt institutionnelle, voire internationale.
Elle se contente d’offrir des opportunités inspirantes à tous les citoyens et citoyennes de Saint-Michel, à travers une large programmation gratuite, des activités hors-les-murs, la distribution gratuite de 2000 billets de cirque par année dans des organismes du quartier ou encore l’accueil d’événements importants pour la communauté locale, des commémorations du séisme en Haïti (janv. 2020) à, plus récemment, un forum par et pour les jeunes du quartier sur les enjeux de sécurité urbaine (juin 2025).
La TOHU n’est pas concernée par cet objectif de collaboration inter-étatique pour l’atteinte des ODD.
Par contre, la TOHU s’inscrit résolument et depuis deux décennies dans une démarche partenariale tous azimuts : avec d’autres festivals et organismes culturels ; avec une quarantaine d’organismes communautaires du quartier Saint-Michel ; dans des échanges de coopération internationale souvent financés par le MRIF (Europe, Asie, Amérique Latine, Afrique) ; ou encore en s’impliquant activement dans la vie démocratique montréalaise : dépôts de mémoires et consultations, présence aux conseils d’administration de Culture Montréal, du CESIM, de Vivre Saint-Michel en Santé et bien d’autres.
Leur utilisation doit s’accompagner de précautions : ils reposent sur une vision largement anthropocentrée du développement, où la protection de l’environnement reste souvent pensée au service du bien-être humain. Leur évaluation repose sur des indicateurs qui, selon les contextes, peuvent s’avérer incomplets, difficilement comparables ou politiquement orientés. Ces objectifs doivent être mobilisés avec nuance, esprit critique et conscience de leurs limites conceptuelles, méthodologiques et idéologiques.
Néanmoins, ils offrent un langage commun, largement partagé au niveau international, permettant d’initier le dialogue, d’organiser les données disponibles et de faire ressortir certains déséquilibres ou progrès. C’est donc en toute lucidité, et avec le recul nécessaire, que la TOHU les utilise ici comme cadre de référence.
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